Série, Magie Noire

Gilbert G. Groud

Tome 1

  • Date de parution : 21/01/03
  • Editeur : Albin Michel-BD
  • EAN : 9782226136428
  • Nb. de pages : 70 pages

Tome 2, Vent des savanes

  • Date de parution : 09/07/08
  • Editeur : Vent des savanes
  • EAN : 9782356260116
  • Nb. de pages : 62 pages

Tome 3, La lumière fut

Cette série nous offre une vision inédite du continent noir africain. Les thèmes sont les relations entre les différentes ethnies, la pratique ancestrale et quotidienne de la magie, la sorcellerie, la religion, la guerre, la hiérarchie à travers une communauté, la médecine, la nature et l’équilibre du monde.

L’auteur nous précise tout d’abord que magie, religion et sorcellerie sont trois identités réelles et inséparables. En Afrique, de nos jours, les outils magiques sont destinés au combat. Ils sont caractérisés par l’incorporation d’esprits et l’envoûtement d’adversaires. Il existe donc une mort physique et une mort spirituelle. Le but de la sorcellerie n’est pas uniquement de tuer mais d’être puissant dans la congrégation des sorciers. En effet, la position hiérarchique d’un sorcier est une notion très importante et dépend de l’esprit qu’il a hérité des ses parents mais aussi des sacrifices humains qu’il a offerts à la communauté pour monter en grade.

Le tome 1 de Magie noire lève le voile sur une confrérie de sorciers dans la vallée de Kolo. Un des personnages nommé Louga est un nouvel adepte de la confrérie et il a déjà donné deux de ses enfants en sacrifice. Il parle de la confrérie comme d’un « cercle vicieux sans pitié ». Les sorciers eux-mêmes, sont torturés par ces pratiques abominables mais « assument leurs responsabilités » en pensant qu’ils ne peuvent plus revenir en arrière et quitter la confrérie.

Leur chef est le Dieu Gaba, un sorcier de haute volée pouvant se transformer en hibou. C’est un « Diable » qui ne veut pas que la confrérie soit débusquée bien que sa femme ait des soupçons. C’est à son tour de donner un être cher : son dernier fils. Il envoûte sa victime et emmène son âme qui se matérialise à la réunion des sorciers. Pendant ce temps le corps du jeune fils s’affaiblit et sa mère le porte à l’hôpital où les médecins, après plusieurs examens, perdent pied face au mal qui le ronge. Mais les docteurs sont des Africains ; ils comprennent la situation et dirigent la famille vers un Tradi-Praticien. La femme de Gaba ira donc voir Loby, un féticheur qui communique avec les esprits impurs des morts. Ce dernier va entamer une longue négociation avec les sorciers pour sauver l’enfant.

Avec un dessin aux tons ocres et bruns rehaussés de lignes rougeâtres, Gilbert G. Groud tente de raisonner le peuple contre l’exercice de la magie noire, contre ce feu qui les anime.  Il qualifie ces pratiques de dangereuses et inutiles. Le texte est foisonnant et souligne l’importance de la nature pour l’auteur comme pour son peuple.

Il pousse l’histoire de la sorcellerie plus loin dans le tome 2 en racontant d’autres histoires d’envoûtements et de sacrifices. Ce deuxième tome a été conçu pendant la guerre. Il dit avoir travaillé avec la peur au ventre et cela se ressent très nettement dans son dessin qui est plus torturé et travaillé que dans le premier tome. Le récit est d’autant plus original et dense. Son récit oscille entre la fiction, l’enquête sociologique et le reportage. Il faut savoir que l’auteur a présenté son diplôme national en 1983 sur le thème de la sorcellerie. Un sujet complexe et délicat à traiter, mais passionnant parce qu’il concerne tous les Africains. Il est certain que cette pratique est une arme de guerre, à la fois pour et contre le peuple africain lui-même. Pendant que certains auteurs noirs disent que l’homme blanc a amené avec lui les ténèbres pendant la colonisation, Gilbert G. Groud veut dans un premier temps ouvrir les yeux des Africains pratiquant encore ces rites et leur faire comprendre que ce n’est pas la bonne manière de vivre, que Dieu n’a pas voulu cela, que les sorciers repentis et baptisés peuvent rompre le lien avec les confréries et enfin montrer aux Occidentaux un autre visage de l’Afrique et de l’homme noir africain.
Il qualifie ces rites de magie noire et fait correspondre la magie blanche à l’intelligence que Dieu a donnée à l’homme. Il convie son peuple à faire preuve d’intelligence face au mal.

C’est dans le tome 3, Et la lumière fut, que ce qui était caché est révélé ; la dimension mystique est encore plus nette : il nous montre la figure réelle des criminels avec des personnages souvent en pied et un système de grandes cases (bulles) qui nous marquent particulièrement. Les discours sont poignants et accompagnés d’une touche biblique car dans le monde où nous vivons la vie est faîte de dualité : le bien et le mal, le jour et la nuit, le blanc et le noir, le chaud et le froid, le Diable et Dieu…

C’est le cas également sur le blog de l’auteur, où ses propos ont pour but d’éclairer le peuple africain. Ce blog est pour lui un moyen de continuer ses œuvres, de les expliquer, de montrer sa philosophie et son identité mais aussi, comme beaucoup d’auteurs africains, de se faire connaître auprès des maisons d’édition occidentales. Il y présente ses travaux en bande dessinée, ses carnets de dessins, ses études autour de la barbarie et des guerres en Afrique et tente avant tout de raisonner son peuple contre la pratique de la magie à mauvais escient.

Hélène, L.P.

http://littexpress.over-blog.net/article-gilbert-g-groud-magie-noire-45773212.html

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